Archives pour l'étiquette théorique

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La poésie à l’école

LE POUVOIR D’ECRIRE
Je suis mon alphabet, atelier prénoms
la lettre, atelier alphabet
La métaphore

L’IMAGINAIRE
traduire la langue des rêves
atelier lapsus
le corps brûlant de milliards de fêtes
Mythécriture
Atelier corps et écriture
Ateliers consignes
L’erreur dans l’écrit : la rature ou le sujet de l’erreur
Maths et signes
Moi, le nombrant

DIALECTIQUE LIRE-ECRIRE
Atelier de lecture
Atelier de poésie à partir du texte de Michel Cosem
rencontre avec un écrivain
Lire Ionesco en classe d’adaptation maternelle
dialectique lire-écrire en formation d’adultes
l’atelier comme fiction

LES CHEMINS DE L’HOMINISATION
Quelles pratiques pour une autre école ? Ateliers d’écriture
Mythes et créations enfantine
l’hominisation interdite ?

 

Les mythes

Michel Perrin (anthropologue) (Lire l’article « Mythes et créations enfantines » )
Là se pose la seconde question : trouve-t-on dans ces créations enfantines des éléments « archétypaux », c’est à dire, si on retient le sens de Freud, des symboles, des éléments qui traduiraient les objets de la libido, ou bien celui de Yung : des sortes d’à priori mentaux caractéristiques de toute espèce humaine, des symboles fondamentaux communs à toute l’humanité parce que relevant d’une partie de l’inconscient qui serait alors commune à tous les individus; l’inconscient collectif. (in réconcilier poésie et pédagogie, 1991)

Pierre Colin (Lire l’article « La guerre des imaginaires » )
L’imaginaire signifié dans les mythes est vécu comme une technique de dévoilement du réel, au même titre que la pensée scientifique. Le mythe apparaît comme constitutif de l’émergence du futur. La fonction mythique de la langue, la « restauration du symbolique » qu’elle met en oeuvre, irrigue la parole d’un symbolisme sans lequel il ne peut y avoir ni invention, ni art, ni apprentissage. Cela est l’un des enseignements majeurs de l’anthropologie, et d’une approche multiculturelle des faits sociaux. Dans le cadre de l’école, un travail sur les symboles pouvait favoriser l’intégration des apprenants issus d’une autre origine culturelle en donnant à la langue une plus grande mobilité symbolique, indispensable pour apprendre.

Pierre Colin (Lire l’article « Mythécriture, réenchanter le monde » )
Tous les écrivains qui marquent aujourd’hui les rêves de l’humanité et portent nos espoirs sont imprégnés des mythologies de leur propre culture, mais aussi des mythes les plus lointains dans l’espace et le temps. Ils s’en nourrissent pour inventer le quotidien des rêves de notre époque. Et tous les hommes, peu ou prou sont porteurs de cette légende des siècles à venir. L’homme d’aujourd’hui ne saurait plus longtemps être aveugle à toutes ces productions mythiques qui inventent le futur. (in réconcilier poésie et pédagogie, 1991)

Pierre Colin (Lire l’article « Mythe et transformation du monde » )
Travailler sur les mythes, les confronter, faire jouer leurs contradictions est un fantastique pouvoir que les hommes peuvent prendre sur leur destin.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Michel Ducom (Lire l’article « Les mythes tiennent les hommes pour naturellement intelligents » )
Comme les rêves, les mythes parlent selon les processus de condensation, de répétition, de développement, d’association, de refoulement. Ils sont la forme de langage autonome de l’homme qui rêve le monde pour l’agir. Ils sont l’essence même du discours scientifique et politique. Les mythes sont d’abord un langage.

 

Le travail de la langue

Une première rupture apportée par le secteur écriture a été de considérer l’écriture comme un travail de la langue.  Que veut dire travail de la langue ? Des écrivains tentent d’analyser leurs propres pratiques et de nous en livrer quelques clefs.

Intervention d’Yves Béal sur la question :
Le travail de la langue

Les contraintes

Réécrire

Michel Cosem (Lire l’article « La poésie à l’école » )
Tout d’abord il faut bien se convaincre que la poésie se fait avec des mots, des images, des métaphores et non avec des idées et des symboles. Elle n’est pas un langage mort, bien au contraire, et elle permet toutes les recherches et les transformations possibles. Et c’est parce que parfois on se heurte à des résistances que la poésie nous permet de prendre conscience du travail de la langue. C’est cette vie et ce travail qui nous importent le plus et l’on en situera mieux l’importance lorsque l’on aura rappelé que, selon Wallon, c’est dans le langage que se forme la personnalité de l’être humain. (in réconcilier poésie et pédagogie, 1991)

Pierre Colin (Lire l’article « Le temps d’écrire »  )
La langue est aussi -et toujours- porteuse de fiction, de « sens du sujet », d’imaginaire (Gerald Holton cite « l’usage des métaphores, cette figure style est par excellence le lieu de l’énigme, où le sujet s’occulte, le lieu de la mise en jeu du moi véritable dans la langue, au-delà des rituels mensongers de l’énonciation usuelle).
A l’écrit, le travail de la langue joue un rôle essentiel, par les retours qu’il permet sur la production, par l’usage de la rature -le statut de l’erreur est ici source de création- par le temps, vécu différemment, intégrant davantage les allers-retours dans le passé, ou l’avenir (les temps mêmes sont spécifiques), par des figures plus nombreuses (métaphores plus élaborées) porteuses des désirs du sujet ; métonymies, (plutôt chargées d’idéologie). D’autre part à l’écrit, la résistance du matériau même, son inscription dans l’espace, la gestuelle du corps entier -qui fait alors du signifiant un objet erratique du désir, cette distance en somme, cette trace, en font le territoire d’une rencontre infinie.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Pierre Colin (Lire l’article « Désir d’écrire, écriture du désir » )
Je cherche à circonscrire ce qui n’est pas encore nommé: ce qui ne peut être nommé, sous peine de mort immédiate du sens: si je dis, c’est pour approcher ce qui se donne au centre comme un rien. C’est ce rien que je ne peux connaître et que mes mots encerclent. Non des mots, mais plutôt un souffle, un rythme singulier, des sons, mieux, des phonèmes, qui insistent, se cherchent, s’assemblent, dans le plaisir, le déplaisir, se heurtent, s’enchevêtrent, s’anéantissent, se superposent, se recouvrent, fusionnent.
Quelque chose de biologique, comme des liquides lourds s’enroulant, se mêlant, se repoussant; tout cela n’aspire qu’à se faire mot, signifiant flou, encore indéterminé, comme une matière qui est prête à se faire sens, mais cherche encore une plus grande proximité de ce rien qui l’attire et en même temps la repousse. Et je sais bien qu’ il faut appeler cela « désir ». Un désir sans objet, sans nom, dont je m’approche et qui se dérobe, encore, toujours…  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Jackie Saint-Jean (Lire l’article « Suppose que tes yeux soient myrtille » )
Plaisir du tracé dans l’espace[…] Plaisir aussi d’explorer les mots, leur forme graphique ou sonore, leur  »corps », leur dérives. Rythmes et sons s’en donnent à cœur joie, mimétiques, parodiques… Multiples sont les métaphores opérant leurs métamorphoses simples ou complexes :  »les mots sont des corbeaux »,  »le soleil chante sous la nuit ».[…]
Si le désir d’écrire précède ici le savoir écrire, […] ici s’inscrit l’intense désir de communiquer : appel à l’autre, demande d’amour, invitation à répondre, poursuivre, inventer, croyance au pouvoir de la parole qui séduit, engage, relie.   (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

La Poésie

Pierre Colin (Lire l’article « Le temps d’écrire »  )
Poésie : du grec poiêsis, action ; la langue du désir et du plaisir par excellence, au-delà de toute science, ou alors science des sciences qui par le souffle, le rythme même de la vie, tendresse et puissance, investit et recrée en permanence l’homme et le monde. Poésie, dont le champ d’investigation est immense, depuis les rituels qui se jouent dans « les sous-sols de l’instant », jusqu’aux mythes fondateurs de l’humanité et aux légendes du futur.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Pierre Colin (Lire l’article « Etudier la langue, c’est étudier l’homme » )
Dans la poésie, il y a une forme de pensée qui est subversive d’avenir pour les citoyens.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Dominique Grandière (Lire l’article « Evaluer l’écrit ? Quel gag » )
Il est intéressant de voir, parce que cela a des conséquences pédagogiques, que les questions sur l’écriture naissent à partir de la pratique de l’écriture poétique, c’est à dire dans un premier temps par une remise en cause radicale de la transparence de la langue et de son adéquation au réel qu’elle est censés représenter. Plus que de la rigueur formelle, la poésie se délivre de l’a priori du sens, et s’en va à la pêche à d’autres sens, armée de mots, dans des territoires interdits. Protégée aussi par ses mots.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Pierre Colin (Lire l’article « La guerre des imaginaires » Dialogue n°117 )
La lecture d’un texte poétique peut se présenter comme une dialectique entre l’univers du sujet et celui du texte. Le « désir inconscient » de l’auteur et celui du lecteur se rencontrent. « La métaphore, les déplacements, figurent dans l’écriture comme trace littérale de l’origine, c’est-à-dire du plus inaccessible des désirs de l’écrivain… Il touche ainsi le manque essentiel en chacun de nous et met en mouvement le désir inconscient », écrit Octave Mannoni. « La communication poétique se fait alors quand le désir d’écrire et sa contrepartie, le désir de lire, suivent assez fidèlement ce qui ne veut pas dire clairement – sous les leurres, le cheminement du désir inconscient lui-même. »

Michel Cosem (Lire l’article « Débat avec Michel Cosem » )
En poésie le travail est plus immédiat. Avec cinq lignes, six lignes, sept lignes, on peut faire un poème. Mais la poésie est la forme la plus achevée du langage. Par les métaphores, la lecture du poème rompt avec la lecture aliénée. Le poème est l’outil essentiel de la communication. C’est par la poésie que la communication est la plus profonde, la plus efficace. La rencontre de deux imaginaires provoque la modification des expressions singulières.
La poésie peut être investie dans n’importe quel type d’écriture.[…]
La poésie est pour les enfants un langage qui leur permet de devenir adultes, de découvrir le monde. Il faut lever pour cela les différents barrages qui se sont formés pour nous empêcher de  »com-prendre » la poésie.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

l’imaginaire

Si écrire c’est mettre la langue en travail, qu’est ce que l’imaginaire ? Quelles références théoriques ont travaillé le secteur écriture du GFEN ? 

Dominique Grandière (Lire l’article « Evaluer l’écriture ? Quel gaga ! Disoons… l’évoluer » )
Tout écrit n’est pas de l’écriture. Si écrire c’est partir à la recherche de sens inconnus, l’écriture est ce qui manifeste la trace de cette bousculade de l’ordre symbolique. Il n’existe pas de moyen technique de reconnaître cette trace. Le seul moyen, c’est le lecteur impliqué jusqu’au cou pour ce qui est du temps de l’atelier, parce qu’il est lui-même en train d’écrire.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Michel Ducom (Lire l’article « L’animateur d’atelier d’écriture doit s’assumer créateur » )
Un des objectifs des ateliers du GFEN est de mettre en jeu l’imaginaire des gens, au sens où l’imaginaire c’est du symbolique perturbé par du réel. […]
Pour moi, le réel c’est ce qui échappe à l’homme, à sa pensée, à son langage, à sa théorisation. Le réel est donc objet de théorisations, mais aucune d’elle n’arrive à rendre compte de tous les mouvements du réel, ce qui oblige à inventer de nouvelles théories à partir des failles des théories précédentes. […] Pour simplifier ou pour compliquer, réel et inconscient sont sans doute le même concept pour des positions d’observateur différentes : l’une est celle de l’espèce humaine pensante, l’autre est celle du sujet engagé. Il est bien entendu que la notion de réalité, sur laquelle nous pouvons avoir mille prises n’est pas superposable à celle de réel qui lui, nous échappe définitivement, et que nous ne pouvons rencontrer que dans la perte totale du symbolique, quelque chose comme la jouissance, la folie ou la mort.
La réalité n’est pas réductible au réel : la réalité c’est le symbolique, l’ensemble des signes et des langages, des rôles et des fonctions, mais aussi tout ce qui perturbe ce bel ordonnancement : les rêves ou les utopies, les lapsus ou les actes manqués, les mythes auxquels on ne pense pas assez aujourd’hui, les pratiques sociales et culturelles lorsqu’elles sont apparemment illogiques, l’art, l’intuition, l’oubli et la mémoire sélective…[…]
Mettre en jeu l’imaginaire des gens c’est donc perturber… Pourtant il faut défendre l’écriture plaisir ou jubilation et je dis : « attention aux gens ! ». Il est évident que cette perturbation qui est un mouvement de réorganisation des résistances du sujet, de ses habituelles façons de penser ou de se protéger, doit être mise en jeu avec prudence. Il ne s’agit pas de faire perdre pied aux participants. Il s’agit de leur faire fréquenter un rapport de maîtrise/non maîtrise dans la langue écrite qui leur fait inventer de nouvelles façons d’écrire. 

Michel Ducom (Lire l’article « De l’imaginaire et du rêve » )
L’imaginaire c’est un mouvement : celui du surgissement du réel dans le symbolique. […] C’est parce que le réel surgit dans les actes des hommes que toute l’aventure humaine se constitue pour s’en défendre par une socialisation, réponse de l’espèce au réel. Cette socialisation-l’ensemble des rapports sociaux- se cristallise dans le symbolique.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Pierre Collin (Lire l’article « Etudier la langue c’est étudier l’homme » )
L’ordre symbolique agit comme un régulateur. L’imaginaire c’est ce qui permet d’aller au-delà de la langue, tirant et revitalisant la pensée. La pensée n’est qu’une  »image » du symbolique (une sorte de photographie, cela permet d’avoir accès, mais cela simplifie). Ce fonctionnement de l’imaginaire, démultipliant le pouvoir du symbolique, c’est ce qui est le plus opératoire pour l’homme. « Nous somme par essence dans le symbolique », dit Octavio Paz. L’imaginaire déséquilibre le symbolique et porte au-delà de la langue : on entre sur  »l’autre scène du symbolique », l’endroit où elle est, la langue, le lieu du risque.  »Il n’y a pas de langue heureuse » dit Aragon. La pensée est comme un flash du symbolique, qui, transformé ensuite en quelque chose de discible, est alors déjà un peu aliéné. […]
Ce qu’il faut c’est travailler sur des productions de sens : la rature, l’erreur, tout ce qui est dû aux retournements de l’imaginaire. Il nous faut inventer d’autres emplois de la parole. Une révolution de l’oralité reste à faire.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Dominique Barberet (Lire l’article « Journées de Toulouse, novembre 2000 » )
Le symbolique est le filet qui permet d’attraper sans se faire mordre et sans se faire prendre par les représentants de la loi les bêtes dangereuses de l’imaginaire; il est aussi ce qui permet de les accommoder pour les rendre comestibles et pour les manger ensemble. Cette consommation est possible si on admet que le symbolique est en même temps notre pièce d’identité et notre monnaie d’échange.
J’affirme que toute pratique d’atelier d’écriture (d’écriture?) qui ne se donne pas cette pêche pour moteur (et non pas pour objectif) est une pratique élitiste, parce qu’elle tend à réduire l’activité symbolique à ses normes sociales et savantes.

Michel Cosem (Lire l’article « Pour une culture de l’imaginaire« )
On ne peut séparer le réel de l’imaginaire, chez l’enfant en particulier. L’imaginaire est une composante de sa réalité et il s’agit non de la détruire mais de l’augmenter.

pratiques de création

Que signifie pratiques de création ? Peut-on réellement les définir, si on n’a pas senti la déstabilisation qu’elles génèrent ? Notre pari est d’en proposer le partage. Chacun, à sa manière, parle, analyse, théorise et essaye d’apporter des éléments de compréhension de ce qui peut se jouer dans ce que nous appelons une pratique de création.

Michel Ducom (lire « l’Edito de la revue soleils et cendre » , 2005)
Pour créer, il est nécessaire de « retirer la garde qui veille aux portes de la raison » (selon Schiller, dans une lettre en réponse au critique Körner qui se plaignait de ne pouvoir créer). C’est un travail difficile auquel nous sommes cependant tous habitués puisqu’il en est de même si nous voulons savoir, comprendre quelque chose de neuf. Bien entendu, ce point n’est pas suffisant, mais il est indispensable pour oser commencer à construire un savoir ou pour oser créer. Confrontés à nos censures nous naviguons entre elles sur des chemins convenus. Essayons de les surprendre, de les lever, et les chemins du savoir et de la création prennent l’allure d’une aventure dont le devenir n’est pas assuré mais où le présent devient passionnant.

Dominique Grandière  (lire l’article « Evaluer l’écriture ? Quel gag ! Disons… l’évoluer » )
Les choix qui se font au cour de l’atelier dans le découpage de son propre texte ou dans le pillage des textes des autres sont des actes de lecture véritable, car il n’y a aucune place pour la neutralité, pour le jugement de valeur au nom de critères extérieurs. La validité du fragment choisi tient toute entière dans le pouvoir qu’il a d’engendrer de nouveaux textes. On peut observer ce processus en reprenant ses propres  »brouillons » d’atelier, on s’apercevra que c’est le cheminement même de l’écriture qui évalue ses choix.[…] En tout cas, chaque texte, porté à la nécessité de continuer à écrire, va peu à peu dans ce processus devenir dense, se mettre à résister à la lecture de ses références pour exiger de son lecteur qu’il s’y engage.
Il aura du coup pour résultat de surprendre celui-même qui l’a écrit, de lui faire percevoir qu’il a produit de l’inconnu, du non-existant. Ca s’appelle, je crois, créer.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993) 

Pierre Colin (Lire l’article « L’ode à la joie » )
« Il faut, dit Bachelard, autant d’énergie à l’homme pour inventer une image nouvelle qu’à la plante pour inventer un nouveau caractère génétique« . Mais ce corps à corps avec la matière rebelle, qu’elle soit langue, ou couleur, forme ou son, obéit à ses lois. Toute pratique de création cherche un chemin vers le réel, qu’elle découpe, qu’elle découvre, « donne à voir », par d’autres voies que celles de la raison. […]
C’est de cela qu’il s’agit : explorer un état de saisissement en deçà des mots et du rêve, pour être en proie à l’Art Brut, le Temps de voir surgir la métaphore, d’en arrêter la folle alchimie mentale, avant qu’elle ne meure dans le poème « comme une aurore aux doigts de roses » (Homère). […]
Puis, reprendre pied, avec la vague apaisée. Reprendre langue avec son corps. Reprendre voix avec le monde. Refaire un pacte avec le sens : créer.
C’est a dire emprunter les entiers qui nous lient au-delà du Temps et de l’espace à tous les hommes en quette de savoir et de rêve. Réinventer les voies de l’hominisation.  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Pierre Colin (Lire l’article « Un savoir en dérangement » )
Oui, la crise existe et nous l’avons tous rencontrée. Je parle de cette part de soi, « bien arrêtée avec des certitudes », que soudain des « météorites mentaux », surgis des grands trous noirs, des grands hasards, de la conscience – viennent ébranler de toute part. […]
Ce qui provoque la crise, c’est l’impérieuse nécessité de s’adapter à la réalité (une autre vérité), qui est toujours peu ou prou, la réalité de l’Autre, ou du groupe. […]
Crise du sens alors, que cette fixation du savoir « en rupture », qui, par une lucidité effervescente déstabilise de proche en proche tout le savoir de l’apprenant. […]
Crise du « savoir sur soi » – c’est à dire par rapport à l’autre, et crise de la connaissance – c’est à dire sur son rapport au réel, quand le savoir acquis se révèle impuissant à prendre en charge la complexité des choses. Car le savoir en rupture ouvre en nous la question « de cet abîme ouvert à la pensé qu’une pensée se fasse entendre dans l’abîme » (Lacan).  (in « l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire », 1993)

Stéphanie Fouquet (lire l’article « De la transformation de Laplace à la quête de l’imaginaire » )
Le plaisir de la déconstruction, du pas à pas dans les associations d’idées, de sonorités. La plaisir de de l’erreur traquée, comme révélatrice d’une manifestation du réel. L’engagement, l’implication dans les choix à faire, l’écoute du hasard, la place de l’autre. Le plaisir prend la force de désir, les découvertes, les rencontres de mots, la formation d’images, les impossibles prennent corps. La langue se met en travail, et quelque chose se joue de l’ordre de la transformation. Il y a dans ce chaos de mots quelque chose qui se joue malgré moi. Les mots ont leurs aimants, leur spin, au-delà du sens pour le moment. Un monde se déchaîne d’idées, d’envies, de désirs, d’images flottantes, de possibles compactés en trois mots, de phrases sans complément.
Mais qu’est ce que Didier Anzieu peut nous dire de ce qui se passe. Après cet état de saisissement, de crise, la partie de moi restée consciente rapporte de cet état un matériaux inconscient. […]L’activité préconsciente reprend alors son activité de liaison.
Si je continue mon analogie, j’ai appliqué les transformées de Laplace sur ma réalité, je m’expulse dans le monde infini de l’intégrale et commence à broder des possibles grâce à la transformation irrationnelle de la langue. Je lie, relie, délie en appliquant des formules impossibles dans la réalité, dans le symbolique. Je fais naître sans le savoir des métaphores, métonymies, et autres déformations de la langue en la sortant de sa linéarité. J’épaissis les possibles de mes propos par des applications inadmissibles dans l’autre monde, dans le monde symbolique.  […]
Je complexifie pour simplifier, mettre mes tensions à distance. Parce que je sais qu’il existe une transformée inverse, qui permet de revenir dans le système référentiel initial.
On change d’espace pour faire bouger un impossible, un indicible. Puis on revient, avec la banane, et l’indicible exprimé en une langue accessible, une vérité du moment.

Didier Anzieu, le corps de l’oeuvre (Lire l’article en entier)
Le travail de la création parcourt cinq phases: éprouver un état de saisissement; prendre conscience d’un représentant psychique inconscient; l’ériger en code organisateur de l’oeuvre; choisir un matériau apte à doter ce corps d’un corps; composer l’oeuvre dans ses détails; la produire au dehors. Chacune comporte sa dynamique, son économie, sa résistance spécifique.

par auteurs

Anita Ahunon
imageAnita
La cavale des mots (Dialogue 139)
L’atelier et la transmission de l’oeuvre poétique, à la rencontre de deux poètes : Rimbaud et Vallejo (Dialogue 136)
Dans ma tête le défi « Tous capables », Dans mes bagages, l’envie de les accompagner sur le sentier de la liberté (Dialogue 109)
« La poésie m’aura sauvé du pire…» (Dialogue 117)
On est toujours la route pour quelqu’un (Dialogue 118)

Dominique Barberet-Grandière
imageDomiiquePierre Colin nous a quitté, Dominique Barberet Grandière (Cahiers de Poèmes 73)
L’invention de l’atelier, métaphore de la création
 (le pouvoir d’écrire)

Evaluer l’écriture (Le pouvoir d’écrire)
INTIMITE DU POLITIQUE. L’atelier « exo-biographique » (Dialogue 93)
La langue de l’autre (Dialogue 88)

Yves Béal (Voir aussi le site de Soleils et cendre)
imagebeal2Ecrire. Ecrire ensemble pour vivre ensemble (Dialogue 156)
De la page blanche à la scène
 (Dia HS)

Provisions pour l’hiver (Dialogue HS)
Regard croisé sur un atelier d’écriture au collège (Dialogue 123)
Charivari poétique (Dialogue 118)
Activités pour s’initier au monde de l’écrit (Dialogue 115-116)
Ordre de poétisation général (Le pouvoir d’écrire)
Et nous délivrerons les mots. (Dialogue 85)
Ton nom c’est ton destin (Dialogue 80)

Colette Charlet
imagecoletteQuand les mots déménagent (Le pouvoir d’écrire)
A la rencontre de Marô BARBIERI, écrivain, poète, conteuse, animatrice d’ateliers (Dialogue 121)
La lettre, atelier alphabet (réconcilier poésie et pédagogie)
Atelier d’écriture et construction du sujet (Le pouvoir d’écrire)
Les orientations de l’atelier d’écriture (Le pouvoir d’écrire)

Pierre Colin (voir aussi le site des ateliers Thotem.)
imageColinLettre ouverte à quelqu’un qui n’écrit pas!
L’homme de l’an de l’autre (Dialogue 57)
Un savoir en dérangement (Dialogue 60)
Une salve contre l’habitude, Créer c’est jouer avec les contraintes (Dialogue 62)
L’égalité est ue idée neuve pour toujours ! (Dialogue 63)
Mythécriture, réenchanter le monde (Dialogue 64)
Poésie, feu rebelle (Dialogue 67)
Science et langue : »la meute chasseresse du poète »… (Dialogue 70)
L’homme se faisant, langue, sujet, concept (Dialogue 73)
Le pourquoi du désir, interculturalité, contes, mythes… (Dialogue 78)
savoir c’est créer, créer c’est apprendre (Dialogue 80)
« cahiers de poèmes » Imagine-toi la langue… (Dial 80)
Muthos : retour à la pensée, une pratique d’interculturalité en éducation (Dia 87)
Les ateliers d’écriture (Dialogue 88)
L’Odyssée de l’Ecriture (Dialogue 90)
Ecrire La Posture de l’Animateur (Dialogue 90)
Dialogues sur la création (Dialogue 90)
L’EVALUATION EN POESIE Enjeux Educatifs – Enjeux de société (Dialogue 92)
Poétique de l’hérésie
La « poésie » est inadmissible
culture(s) et barbarie(s) La nouvelle Alliance (Dial 104)
La création de soi, « l’argonaute s’appelle personne » (Dialogue 111)
Le fabulaire du lectorant, la lecture est une oeuvre d’art (Dialogue 115)
La guerre des imaginaires (Dialogue 117)
Poétique et cybermondes, quand la poésie déménage (Dialogue 131)
Quelles pratiques pour une autre école ? Ateliers d’écriture (Réconcilier poésie et pédagogie)
Atelier de lecture  (Réconcilier poésie et pédagogie)
Moi, le nombrant (Réconcilier poésie et pédagogie)
Mytécriture (Réconcilier poésie et pédagogie)
le corps brûlant de milliards de fêtes (Réconcilier poésie et pédagogie)
La métaphore (Réconcilier poésie et pédagogie)
La fête du signifiant (Le pouvoir d’écrire)
Ecriture et projet (Le pouvoir d’écrire)
Le temps d’écrire (Le pouvoir d’écrire)
Ode à la joie (Le pouvoir d’écrire)
Pour le plaisir d’écrire (Le pouvoir d’écrire)
Egalité, une pédagogie de l’imaginaire (Le pouvoir d’écrire)
désir d’écrire, écriture du désir (Le pouvoir d’écrire)
L’auto-portrait (L’hôte au portrait) (Le pouvoir d’écrire)
Ecrire (Le pouvoir d’écrire)

Michel Cosem
imagecosemAtelier de poésie à partir du texte de Michel Cosem, Réconcilier poésie et pédagogie, 1991
La poésie à l’école, Réconcilier poésie et pédagogie, 1991
Débat avec Michel Cosem l’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire
Une langue en travail, Dialogue 37 Michel Cosem

Patricia Cros
 imagePatriciaCorps mouvant, corps écrivant (Cahiers de Poèmes 73)
Métaphore en maternelle (Dialogue 154)
Qu’est ce qui dans l’Oeuvre, met le sujet à l’œuvre ? (Dialogue 156)

 

Michel Ducom
ImageDucom1Le développement des ateliers d’écriture (Dialogue 137)
Relevons la tête

Les ateliers d’écriture naissent politiques
Rôle de l’animateur
Travailler l’étonnement
Processus de création
Pensée et création
Nouvelle politique publique
Félix Castan a ouvert d’immenses chantiers (Dialogue 99)
La poésie a deux visages (dialogue 117)
Engagement et Atelier d’écriture (Dialogue 95)
Les ateliers et l’imaginaire : mises au point et cartes sur tables ! (Dialogue 90)
Quelles pratiques pour une autre école ? Ateliers d’écriture (réconcilier poésie et pédagogie)
L’erreur dans l’écrit : la rature ou le sujet de l’erreur (Réconcilier poésie et pédagogie)
Mythes et transformation du monde (Le pouvoir d’écrire)
Les mythes (cahier de poèmes 54)
De l’imaginaire et du rêve (le pouvoir d’écrire)
Dessins de marge (le pouvoir d’écrire)
L’écriture est une forme de la pensée
Le pouvoir d’écrire (le pouvoir d’écrire)
Des marches aux seuils de l’atelier (Dialogue 37)
Veillée d’armes (Dialogue 37)

Interviews de Bernard Lubat par Michel Ducom
Je me travaille à la liberté ! (Dialogue 118)
cultivatures et créactions (Dialogue 104)
Engager la mémoire en marche, la pédagogie et la création (Dialogue 95)
L’autre est civilisateur (Dialogue 80)

Stéphanie Fouquet
imageStéphanieMémoire de Master 2, UPEC
De la transformée de Laplace à l’atelier d’écriture

Atelier de mise en voix
 (Dialogue 156)
Le corps, l’écrit, ça n’allait pas de soi
 (Cahiers de Po 73)

Chantier Mot & Sique, (Cahiers de Poèmes 73)
Interview d’Eric Baudet (Cahiers de Poèmes 73)
Ateliers d’écriture dans le cadre de regroupements d’adaptation (Dialogue 148)
Passer au crible ou décrypter l’écrit (Dialogue HS)
Travailler l’imaginaire en famille ? Quand les ateliers d’écriture du GFEN, rencontrent la CSF !  (Dialogue 146)

Annie Gleyroux
imageannieQui écrit l’histoire ? (Dialogue 109)
Poésie, baroque et liberté (Dialogue 117)
La langue du sujet : un enjeu collectif (Dialogue 124)

 


Christine Jeansous

imagechristineAtelier de création poétique A propos de l’acte d’écrire (Dialogue HS)
Écrire ses pratiques, un pouvoir d’action sur le réel à démultiplier (Dialogue 139)
A la rencontre d’un poète : Pierre Colin. Ecriture, lecture en CM2 (Dialogue 132)
Langue(s), un bien partagé ? (Dialogue 124)
Culture, civique, éthique, politique exemples d’actions culturelles (Dialogue 104)

Sylviane Maillet
Écriture – culture – aventure, Dialogue 145
Atelier ardoise et carton, aide ou coopération ?, Dialogue 135
Photocopie du quotidien, Dialogue 134
Petit théâtre d’objets, Dialogue 132
Rencontre avec les mots des autres, Dialogue 90
Les techniques : enfin une solution à vos problèmes d’écriture !, Les ateliers d’écriture, le pouvoir d’écrire.

Méryl Marchetti
image_MerylUn effet imprévu des TAP (Cahiers de poèmes 73)
5 proportions de l’improvisation (Cahiers de Po. 73)
Edito, Méryl Marchetti (Cahier de poèmes 73)
J’aime pas l’odeur du calfat, j’aime lire les hors-sujet (Dialogue 115)
Ateliers d’écriture : beaucoup de choses à se contre-dire (Dialogue 117)
Ce livre qui n’existe pas (Dialogue 156)
Vers l’atelier mutantiste (Dialogue 153)
La création n’est pas la cerise sur le gâteau (Lettre d’information aux adhérents du GFEN)
Intervention sur France culture

 

Josette Marty
imageJosetteNotes de lecture, poèmes de Michel Lac (Cahiers et Poèmes 73)
Ouverture vers l’orient (Dialogue 137)
L’atelier et la transmission de l’oeuvre poétique, à la rencontre de deux poètes : Rimbaud et Vallejo (Dia 136)
Petite méditation sur nos babels intérieures Où les sujets sont-ils trahis ? (Dialogue 124)
Atelier d’écriture et démarche d’auto-socio-construction, Quelles proximités ? (Dialogue 120)
Petite adresse à (Dialogue 117)
Ecrits pour de jeunes poètes (Dialogue 117)
L’atelier d’écriture, lieu de rupture pour le sujet écrivant (Le pouvoir d’écrire)
Atelier d’écriture et construction du sujet,  (Le pouvoir d’écrire)
La narrativité : dire le monde pour le savoir (Dialogue 109)
Au commencement du tous capables dans l’écriture (Dialogue 109)
Le rap et la rime, un aperçu d’atelier (Dialogue 104)
L’infatigable voyageur (Dialogue 102)
Lire les brouillons d’enfants (Dialogue 96)
ENGAGÉE EN LITTÉRATURE…(Dialogue 95)
Déplier les signes, renouer le sens : la création comme travail du sujet (Dia 84)

Odette et Michel Neumayer
ImageNeumayer
Entre papier et internet (Dialogue 137)
Le système monde côté coeur, les apports de l’imaginaire (Dialogue 133)

La dialectique du centre et de la marge. Dans les parages d’Alechinsky (Dialgie HS)
Les ateliers de création dans les dispositifs d’accompagnement à la scolarité : un luxe ? Un loisir ? Une nécessité ?
 (Dialogue 126)
CONSTITUER LE POINT DE VUE DU TRAVAIL, UN ENJEU MAJEUR (Dia 124)
En quoi la poésie nous aide-t-elle à vivre ? Eloge de la récitation (Dialogue 117)
ATELIER « COSMOGONIES » (Dialogue 114)
La citoyenneté au féminin
 (Dia 109)
ATELIER « LES MOTS GARDENT LA MÉMOIRE » (Dialogue 107)
« CHAOS-MONDE » Une écriture et une réflexion dans les parages d’Edouard Glissant (Dialogue 98)
LE CONTE HYPERTEXTE (Dialogue 98)
Dix ans en Filigranes (Dialogue 80)
Poétique de la fabrication
A propos du fragment
L’atelier comme fiction  (Réconcilier poésie et pédagogie)
Traduire la langue des rêves  (Réconcilier poésie et pédagogie)

Ecrire dans les parages du texte, O et M Neumayer (Le pouvoir d’écrire)
Le mentir vrai, O et M Neumayer  (Le pouvoir d’écrire)
Sindbad le marin, O M Neumayer (Le pouvoir d’écrire)

Michel Perrin
imagePerrin« Ça parle dans ma tête, ça écrit dans ta main… », Dialogue 90
Mythes et créations enfantine, Réconcilier poésie et pédagogie, 1991
Mythes, rêves et création picturale, Dialogue 80
Atelier « Molas » avec Michel Perrin, Rêve, Mythe, Rite et Création, Dialogue 80

 

Odette Toulet
Variations en anamorphoses, Dialogue 117
De Fin’Amors aux leys d’Amors L’émergence de la culture au sein d’une société dominante, Dialogue 104
Ecrire, comme on part en voyage…, Dialogue 95
L’acte d’écrire, Dialogue 64
Un livre pour quoi faire, Un livre pour quoi faire, Odette Anna Toulet
Ecrire est un acte L’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire

Ecrire l’écart L’atelier d’écriture, le pouvoir d’écrire

Henri Tramoy (Voir aussi le site de Soleils et cendre)
imageHenriEcrire, lire, éditer la « poésie » : une pratique contre l’accusation d’élitisme hermétique,(Dialogue 117)
ATELIER D’ÉCRITURE : SAVOIR ANIMER SE TRANSMET-IL ? (Dialogue 89)
soleils et cendre, une pratique de revue (Dialogue 80)