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Cher-e Secteur-e

J’ai pris beaucoup de plaisir à augmenter, grâce à toi, mon petit fragment de réalité.

Je suis descendue un peu plus profondément dans la grotte où trottent des milliards multipliés par des milliards de signes.

Le code est ce qu’on en fait.
Il est plein de scarabées mordorés.

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Nous avons commencé par aligner des petits trous creusés dans la pierre avec un objet pointu.

Nous alignons maintenant des petits trous creusés dans le blanc en les séparant par des objets pointus.

Les deux sont les dents (ce qu’on retrouvera seulement de nous) avec lesquelles nous essayons de mordre dans les couches inférieures, invisibles, inaccessibles, pour en rapporter un succulent morceau.

On peut être certain que les dents vont encore changer de forme. C’est l’évolution.

Mais qui peut penser que nous atteindrons jamais le fond du pot? Parce qu’il est sans fond? Peut-être. Surtout parce que nous inventons de l’obscur à dénouer, sans cesse.

Cher-e Secteur-e,

Tu tiens haut, tu tiens bon la pelle pliante des fouilles dans l’inconnu.

Seule cette taupe insatiable – la création – qui ne peut entrer dans aucune culture sans y créer des trous, des labyrinthes, des tumulus, des strates, des éboulements, des dérangements, rappelle à chaque surgissement qu’on ne peut maîtriser, classer, commander, extraire, évaluer, décrire – sans en payer le prix.

Le prix est bon à payer quand on voit les petits hommes  rire après les papillons de leurs rêves.

Il est mortel s’il annonce seulement l’extinction des feux.

Mais qui donc se méfie de la création?

Domi

Savoir et création – Dialogue n°156

Dialogue n° 156 – Savoir et création :
un couple indissociable ?

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Peut-on construire des savoirs sans faire acte de création ? Peut-on faire acte de création sans construire ses savoirs ? Ces questions qui interrogent, traversent le GFEN depuis de nombreuses années, sont reprises dans ce numéro.

N’y aurait-il pas un noyau central inhérent à l’activité humaine, dont la création et la construction de savoirs seraient les deux pôles. L’homme a besoin de ses deux jambes pour marcher. Il a surtout besoin du déséquilibre qu’entraîne l’articulation de ses deux jambes pour avancer. N’en serait-il pas de même pour savoir et création ?

Que l’on interroge le travail d’une oeuvre ou la construction d’un savoir, un mouvement, un déplacement s’opère, oblige à ouvrir une autre appréhension du monde. Chacun de ces pôles sont des articulations essentielles pour mettre en mouvement notre pensée, notre engagement dans la pensée.

En quoi ces ressorts d’émancipation nous semblent-ils essentiels ? Comment croiser les diverses approches portées par le mouvement pour que, sur tous les terrains (scolaire, éducatif, culturel), chacun puisse être acteur, transformateur, porteur d’émancipation pour chacun d’entre nous ? Quels espaces construire ensemble pour permettre d’inventer de nouvelles démarches de création, de construction de savoirs ?

Articuler création et savoir, c’est permettre de découvrir nos potentiels d’imaginaire en construction constante grâce aux perturbations causées par les autres, grâce aux dérangements et déplacements qu’ils provoquent dans notre compréhension du monde. Ces déplacements sont nécessaires dans les lieux éducatifs, même s’ils dérangent. Ne serait-ce pas un moyen de dépasser les obscurantismes qui nous étouffent ?